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Vers le BEPOS et les bâtiments à haute performance environnementale

Réglementation 16/07/2018
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La prochaine réglementation sur la construction neuve – dite BEPOS (Bâtiment à Énergie Positive) – dépassera de loin le cadre thermique et énergique.

Les réglementations thermiques successives ont eu pour effet de réduire de façon significative la consommation énergétique des bâtiments neufs. La RT 2012, en vigueur depuis le 1er janvier 2013, permet de généraliser la construction de bâtiments basse consommation, c’est-à-dire répondant à une exigence de consommation d’énergie primaire inférieure à 50 kWh/m2/an pour le chauffage, la climatisation, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage et les auxiliaires  

Une nouvelle étape réglementaire est en préparation afin d’améliorer encore les performances. Les nouvelles mesures, dont l’application devrait être progressive entre 2018 et 2020,  généraliseront la construction de BEPOS et l’évaluation multi critères (GES, eau, déchets) au périmètre ACV.

Rencontre avec Stéphanie Cadrieu, Chef de projet Réglementation environnementale chez GRDF, qui nous apporte un éclairage sur les enjeux et les solutions qui lui paraissent les plus pertinentes.

Qu’est-ce qu’un bâtiment BEPOS ? Ses besoins en énergie sont-ils plus faibles que ceux des constructions conformes à la RT 2012 ?

Les textes réglementaires, au niveau national et européen, donnent une définition générique du BEPOS qui indique les grandes orientations possibles. L’enjeu actuel est de donner une définition plus précise. Il reste des questions clés à résoudre, comme celle des gisements d’économie d’énergie qui semblent être de plus en plus limités sur les usages actuellement réglementés. Dans ce domaine, pourtant, le renforcement des exigences sur le bâti et sur les équipements a montré, avec l’application de la RT 2012, qu’il stimule l’innovation.

Si l’amélioration de la performance énergétique constitue la première étape logique vers la construction de Bâtiments à Énergie Positive – puisqu’il apparaît normal de réduire les consommations avant de les compenser par des énergies renouvelables (EnR) produites localement – on peut s’attendre à un renforcement modéré et équilibré entre le bâti et les équipements des exigences réglementaires par rapport au niveau actuel.

Ces mesures devraient donner un signal positif aux filières industrielles et les inciter à poursuivre l’innovation, tout en limitant le surcoût du kWh économisé .

Les usages mobiliers seront-ils inclus ? Pensez-vous que cela soit possible et souhaitable ?

Dans les bâtiments neufs, on estime que les consommations des usages mobiliers – électroménagers, hi-fi, etc. – dépassent celles des usages réglementés avec une consommation évaluée à 70 kWh d’énergie primaire/m2/an. Même si la réglementation (règlement européen sur les équipements) vise à réduire cette demande, produit par produit, celle-ci continue de croître à l’échelle du logement du fait de la multiplication des appareils électroniques.

Il semble nécessaire d’engager une réflexion sur l’intégration des usages spécifiques dans la réglementation afin que les efforts consentis sur les postes réglementés ne soient pas amoindris par l’accroissement de ces consommations. Mais la question s’avère complexe car, pour la plupart, ces équipements ne sont pas vérifiables au moment de la réception du bâtiment.

Quelques pistes de réflexion existent. Par exemple, Effinergie, dans son label pilote BEPOS Effinergie, a choisi de les inclure de façon forfaitaire dans le calcul réglementaire. On peut envisager également de recourir à une production minimale locale d’EnR, via le PV par exemple, dont la surface minimale pourrait être calée pour favoriser l’auto consommation. Cela permettrait de traiter indirectement les usages spécifiques en les compensant pour partie par la production décentralisée d’EnR.

Selon les premières approches connues du BEPOS, les consommations énergétiques devraient être majoritairement couverts par la production d’EnR locale. Quels sont les impacts de cette démarche ? Peut-on les limiter ?

Cette démarche suppose de recourir massivement au photovoltaïque, ce qui présente plusieurs inconvénients, tels que des surcoûts de construction importants, des impacts liés à l’injection d’électricité sur le réseau au moment où la demande est potentiellement faible, ou la difficulté d’installer des panneaux PV en zone urbaine à cause du manque d’espace.

Pour être généralisable, le concept BEPOS devra, à la fois, limiter le recours massif et exclusif au photovoltaïque, tout en tendant vers une logique d’autonomie énergétique, via une production minimale locale d’ENR

La réflexion actuelle s’effectue selon plusieurs directions. La définition même du BEPOS pourrait prévoir une compensation partielle des consommations d’énergie, et non pas totale, de façon à limiter les surcouts de construction. Mais on peut imaginer aussi de favoriser l’autoconsommation en recourant à des systèmes du type cogénération et piles à combustibles, ou encore envisager le stockage de l’électricité d’origine EnR par des batteries. On pourrait également introduire des modulations géographiques, urbaines, etc.

La construction neuve va-t-elle être prochainement confrontée à d’autres enjeux que ceux de la réglementation thermique ?

En effet, la réduction des consommations énergétiques n’est plus l’unique enjeu à traiter. D’autres impacts environnementaux prennent désormais un poids relatif de plus en plus prégnant. Ce sont, en particulier, la consommation d’eau, la production de déchets, les émissions de gaz à effet de serre…La réflexion s’élargit également à l’ensemble du cycle de vie du bâtiment : on ne s’intéresse plus uniquement à l’impact d’un bâtiment pendant sa phase utilisation mais également son impact en phase construction et fin de vie, selon une approche «Analyse de Cycle de Vie», ACV. L’ACV vise à mieux évaluer la performance globale d’un bâtiment afin d’orienter les choix lors de la conception pour que l’impact environnemental des constructions soit minimisé.

C’est dans cette logique que les pouvoirs publics français travaillent non seulement à la définition du BEPOS, mais réfléchissent aussi à l’introduction progressive dans les dispositifs para-réglementaires et réglementaires de la démarche ACV.